STRESS ET SOLUTIONS

LE STRESS, QU'EST-CE QUE C'EST ?

Le stress est une réponse de l’organisme à une situation qu’il évalue comme une situation de danger

Cette évaluation est automatique et échappe à notre contrôle conscient. Elle se fait en à partir de nos expériences qui ont façonné notre modèle de représentation du monde, des autres et de nous-même. C’est à travers ce modèle que notre organisme définit les situations qui représentent un danger pour nous et la manière d’y faire face. 

Face à un danger, notre organisme réagit et cela se traduit par une première réaction qui perdure plus ou moins dans le temps : 

 

La mobilisation – L’organisme se mobilise pour attaquer ou fuir et s’extraire ainsi du danger. 

 

La seconde réaction est l’immobilisation. Elle intervient quand la première réaction ne permet de retrouver de la sécurité. Dans ce cas, la réponse est le figement, la sidération voire l’effondrement. 

Ensuite, une fois la menace écartée, nous ne disposons pas toujours des ressources nécessaires pour apaiser les réactions de notre organisme. Celles-ci perdurent sans possibilité de revenir à une situation de calme et d’apaisement. 

pour en savoir plus sur les facteurs de stress.


Le  stress regroupe à la fois :

  • La réaction de notre organisme à une situation évaluée comme une menace (facteur de stress)

  • La difficulté à apaiser cette réaction et revenir au repos. On parle de difficulté à s’autoreguler

 

ECLAIRAGE PAR LA THEORIE POLYVAGALE

Ce que le système nerveux détecte comme signes de sécurité ou de danger détermine l’accès à des comportements sociaux ou de défense. Même si nous ne sommes pas forcément conscients de la présence d’un danger d’un point de vue cognitif, sur le plan neurobiologique notre corps a déjà amorcé une séquence de processus neuronaux qui faciliteront des comportements de défense tels que le Combat, la Fuite ou le Figement.

Stephen Porges

 The Polyvagal theory : Neurophysiological foundations of Emotions, Attachment, Communication and Self-Regulation

les travaux de S. Porges montre que notre Système Nerveux Autonome (SNA) est toujours à l’écoute. Il surveille en permanence notre environnement  (lieu, personne, intersubjectivité, etc.) à travers une multitude de signaux. 

 

Par exemple, lorsque nous sommes en interactions avec quelqu’un, il capte et interprète de manière inconsciente des expressions faciales, des mouvements corporels, des tons de voix, des expressions, des mots, etc.

 

A partir de toutes ces informations notre système nerveux autonome nous dit si nous sommes en sécurité et si nous pouvons nous sentir en confiance ou au contraire si nous sommes un danger. En fonction de l’évaluation, notre SNA déclenchera alors une réponse neurophysiologique  (mouvement ou immobilité, sécrétion d’hormones, modification du rythme cardiaque etc.) pour nous extraire du danger et 

 

Cette surveillance que S.Porges nomme la Neuroception est inconsciente, automatique, non verbale et sous corticale (échappe à notre cortex). Ainsi, les signaux de danger sont détectés bien avant d’être interprétés par notre cortex cérébral. 

C’est pour cela que parfois, nous pouvons nous sentir mal à l’aise, déstabilisé, ou en danger sans comprendre véritablement pourquoi. Et même consciemment on se  dit  : « c’est pas grave, tout va bien », le SNA a détecté un danger et il réagit.

En résumé

A chaque instant, notre SNA surveille notre environnement de façon automatique et inconsciente  pour 

déterminer si nous sommes en  sécurité ou en  danger 

En fonction de ce qu’il détermine, il déclenche une réponse 


Quelles sont les réponses du Système Nerveux Autonome ? 

La théorie polyvagale, décrit 3 réponses possibles du SNA. Porges a montré que les réponses impliquent les différentes  composantes du Système Nerveux Autonome et que ces 3 réponses sont hiérarchisées en fonction du niveau de sécurité ou de danger détecté :

 

Une fois le danger écarté, le retour au calme et à l’engagement relationnel est à nouveau possible ; Cela se fait par l’auto-régulation. (capacité à se calmer par lui-même sans l’intervention d’une personne extérieur) 

 Sécurité

Danger 

(possibilité de s'en extraire)

Danger de mort   

 Engagement relationnel

Mobilisation

Figement-Sidération

Quand la réponse du Système Nerveux Autonome est inappropriée 

La neuroception permet d’évaluer le risque et de faire correspondre une réponse. Lorsque le risque est réel, la correspondance est appropriée. Le corps réagit pour gérer au mieux la situation . 

 

Le problème se pose lorsqu’il y a décalage entre la neuroception et la réalité. Dans ce cas, la réponse n’est pas adaptée. Même si consciemment, on sait qu’il n’y a objectivement aucun danger, le SNA est, en quelque sorte « programmé » pour considérer cette situation comme dangereuse. 

Par ex :  au travail, en réunion, on vous pose une question sur un sujet qui n’était pas à l’ordre du jour et que vous  n’avez pas  préparé. C’est vu comme un danger (je ne vais pas savoir répondre, je suis nul, on va me juger …etc.). 

A ce moment là, votre SNA s'active et se mobilise (1ere réponse) : dans votre cerveau, vos  pensées s’agitent. Vous tentez de trouver la réponse. Vous vous mettez à avoir chaud (adrénaline), vous transpirez. et si vous ne parvenez pas à répondre, vous vous bloquez, vous bafouillez  etc (2èeme réponse - Figement)

Quand le retour au calme est difficile voire impossible 

Exactement comme une alarme, une fois le danger écarté, il faut pouvoir arrêter l'alarme.

Le problème se pose également quand le système nerveux ne parvient pas à s’auto-reguler c’est-à-dire se calmer et à revenir dans un état de sécurité propice à  l’engagement relationnel. La réponse au danger est donc quasi permanente

 

D'où provient ce fonctionnement inadapté de notre SNA ?

On sait aujourd’hui qu'à la fois la « programmation » de notre SNA et sa capacité à s’auto-réguler se font dans notre enfance à  travers nos expériences relationnelles auxquelles nous sommes exposées.

Ainsi, en fonction de notre vécu émotionnel et de la réaction de la personne en lien avec nous,  une situation sera identifiée comme une expérience de sécurité ou de danger et inscrite dans notre SNA. 

C'est également dans le lien avec les personnes qui prennent soin de nous que notre SNA apprend à s'apaiser et à s'auto-réguler en apprenant de l'autre comment faire. Ainsi, si l'adulte que prend soin de nous ne parvient pas à s'auto-réguler, il ne transmet pas cet apprentissage. 

En fait ce n'est pas le stress qui se "transmet", c'est plutôt la vision du monde et des danger (programmation) et l'incapacité ou al difficulté  à s'apaiser. 

 

SOLUTIONS

Ainsi derrière le stress se cachent  : 

 

  • des situations qui sont identifiées de façon inappropriée comme des dangers et auxquelles nous réagissons (à tort)  pour tenter de nous mettre en sécurité. 

          C’est le « pour quoi ? » je suis stressé. 

 

  • Une capacité plus au moins efficiente à réguler notre système une fois le danger écarté. C’est notre capacité d’autoregulation.

         C’est le «  comment je fais avec ce stress ? »

Ainsi il y a 3 leviers possibles :

  • Travailler sur les déclencheurs pour qu'ils ne soient plus associés à un danger. pour cela il faut que ce soit des déclencheurs sur lesquels il est possible d'agir.

  • Travailler sur les comportements  mis en place

  • Travailler sur la capacité à s'autoreguler 

et bien sur la combinaison des 3 !

 

Activité indépendante libérale
SIRET 750793622

©2020 par Sylvie Fraenkel