LE STRESS VU PAR L'APPROCHE POLYVAGALE


Gestion du stress et des émotions - PARIS 8

"En cas de stress extrême, le corps se met aux commandes et fait ce qu’il a à faire pendant que le cerveau se tient sur la touche, incapable d’autre chose que de siffler, taper du pied ou regarder le ciel."

Stephen  King


On sait aujourd’hui grâce aux neurosciences et en particulier l’approche Polyvagale, que derrière ce que l’on nomme le stress se cache d'une part une réponse de notre Système Nerveux Autonome (SNA)à une situation vue comme un danger, et d'autre part une difficulté de celui-ci  à s’ auto-reguler une fois le danger potentiel écarté.


Suis-je en danger ou en sécurité ?


Les travaux de S.Porges montre que notre Système Nerveux Autonome (SNA) est toujours à l’écoute. Il surveille en permanence notre environnement  (lieu, personne, intersubjectivité, etc.) à travers une multitude de signaux. C’est notre système Peur-Alarme qui nous alerte en cas de menace.

Par exemple, lorsque nous sommes en interactions avec quelqu’un, il capte et interprète de manière inconsciente des expressions faciales, des mouvements corporels, des tons de voix, des expressions, des mots, etc.

A partir de toutes ces informations notre système nerveux autonome nous dit si nous sommes en sécurité et si nous pouvons nous sentir en confiance ou au contraire si nous sommes en danger. En fonction de l’évaluation, notre SNA déclenchera alors une réponse neurophysiologique  (mouvement ou immobilité, sécrétion d’hormones, modification du rythme cardiaque etc.) pour nous extraire du danger et nous permettre de nous sentir à nouveau en sécurité.

Cette surveillance que S.Porges nomme la Neuroception est inconsciente, automatique, non verbale et sous corticale (échappe à notre cortex). Ainsi, les signaux de danger sont détectés bien avant d’être interprétés par notre cortex cérébral. 

Ainsi, nous pouvons nous sentir mal à l’aise, déstabilisé, ou en danger sans comprendre véritablement pourquoi. Et même si consciemment on se  dit  : « c’est pas grave, tout va bien », le SNA a détecté un danger et il réagit.


C’est pour cela que si vous êtes stressé, quand bien même vous tentez de vous raisonner, de vous dire de vous calmer, cela ne change rien …


Quelles sont les réponses du Système Nerveux Autonome ? 


La théorie polyvagale, décrit 3 réponses possibles du SNA. Porges a montré que les réponses impliquent les différentes  composantes du Système Nerveux Autonome et que ces 3 réponses sont hiérarchisées en fonction du niveau de sécurité ou de danger détecté :




Immobilisation- Figement 

c’est la réaction de notre système nerveux face à un danger extrême voir un danger de mort.  C’est ce que font les animaux dans des situations extrêmes de danger où a priori ils ne peuvent pas échapper aux prédateurs et à la mort. 

C’est aussi ce que nous faisons dans le cas d’agression où la seule réponse possible est la sidération.

Action – Mise en mouvement 

C’est la réponse qui nous permet soit d’affronter le danger soit de s’en extraire par la fuite. Le corps est mobilisé. Cette phase d’action peut durer longtemps et si elle n’aboutit pas à la sécurité, alors la réponse d’immobilisation prend le dessus et le corps se fige ;

Engagement social

C’est la réponse de notre système lorsque il y a sentiment de sécurité. Le SNA détecte suffisamment de sécurité pour permettre l’engagement relationnel :


1/ dans la relation avec nous- même : accès à ses ressentis et ses émotions en sécurité – pas de crainte d’être submergé par ses émotions- il est possible de les vivre et nous savons les gérer. 


2/ dans la relation à l’autre : pas de crainte et de peur dans la relation – nous pouvons entendre et gérer la différence sans se sentir attaqué, nous n’avons pas peur de nous sentir « abandonné », nous ne craignons pas les questions de l’autre, nous ne sentons pas de jugement à tord et si c’est le cas nous savons le gérer calmement ; 


En bref, nous sommes tranquille avec nous et les autres !


Quand la réponse du Système Nerveux Autonome est inappropriée 


Bien sur, il y a des situations où le danger est réel et il est salutaire que notre système nerveux autonome réagisse et apporte la réponse la plus adaptée possible.

Cependant, il y a des situations qui ne présentent a priori aucun danger et pourtant notre SNA réagit comme si c'était le cas. Il y a  alors un décalage entre la neuroception et la réalité. Dans ce cas, la réponse n’est pas adaptée. Même si consciemment, on sait qu’il n’y a objectivement aucun danger, le SNA est, en quelque sorte « programmé » pour considérer cette situation comme dangereuse. 


Avez-vous déjà ressenti une impression de menace sans raison particulière ?

Peut être avez-vous l’expérience d’une sensation de danger sans pour autant trouver des raisons objectives et réelles de l’expliquer et le justifier ?

Par ex :  au travail, en réunion, on vous pose une question sur un sujet qui n’était pas à l’ordre du jour et que vous  n’avez pas  préparé. C’est vu comme un danger (je ne vais pas savoir répondre, je suis nul, on va me juger …etc.). 

A ce moment là, votre SNA s'active et se mobilise (1ere réponse) : dans votre cerveau, vos  pensées s’agitent. Vous tentez de trouver la réponse. Vous vous mettez à avoir chaud (adrénaline), vous transpirez. et si vous ne parvenez pas à répondre, vous vous bloquez, vous bafouillez  etc (2ème réponse - Figement)


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