Quand une part de nous-même ne veut pas changer

April 18, 2018

 

 

Le changement : un processus paradoxal 

 

En général, lorsque notre situation présente nous fait souffrir ou nous maintient dans un inconfort voir un mal être, nous souhaitons tous changer et « en finir » avec notre problème.

 

Cependant, nous constatons tous combien le changement est souvent difficile à mettre en œuvre.  Combien hésite plusieurs mois avant de prendre le téléphone pour prendre RDV avec un thérapeute ? 

La volonté de changement est souvent freinée par une force opposée qui empêche une mise en œuvre concrète ; La fameuse "résistance au changement" que certaines approches voient même comme un manque de motivation ou encore la qualifient de saboteur interne.

 

 

 

Ainsi la résistance ne s’exprime que parce qu’il y a désir de changement. L’un et l’autre sont intimement liés.  Alors qu’est-ce que cette résistance au changement ?

 

 

Quand une part de nous-même ne veut pas changer

 

Lorsque notre cœur a souffert, il met en place des sécurités qui nous empêchent de vibrer au souffle imprévisible de la vie.

Fréderic Lenoir

 

 

Lorsque nous vivons une situation émotionnellement difficile en lien avec notre notre environnement familial et culturel, ou une frustration, ou encore un traumatisme, une part de nous va chercher à atténuer la douleur ressentie en mettant en place un mécanisme de protection.

Celle-ci  "anesthésie" la douleur et fait en sorte que la situation à l'origine de la souffrance ne se reproduise pas.  Finalement un certain équilibre est trouvé pour ne pas (plus) avoir mal.

 

Un enfant grandit dans un environnement familial exigeant et toujours prompte à critiquer ce qu'il fait. Une part de protection va chercher à éviter les critiques car c'est trop douloureux. Elle va  par exemple choisir  " d'empêcher de faire".  

"Ne pas faire" permet d'éviter la critique. Adulte, la personne consulte parce qu'elle a tendance à "ne jamais concrétiser" ces idées et projets.

 

Une enfant  qui ne se sent pas aimée  par ses parents.  Cela peut être à tord ou à raison, peut importe, ce qui compte c'est le ressenti. Cet enfant développe la  croyance « mes parents ne m’aiment pas » qui se transforme en « si mes parents ne m’aiment pas alors personne ne peut m’aimer ».

Pour ne pas souffrir, une part  de lui va alors mettre en place une stratégie de protection afin d'éviter de près ou de loin la situation où une personne pourrait lui signifier "je ne t'aime pas".

Elle pourrait par exemple saboter systématiquement les relations. Ainsi, sans relations, impossible de s'entendre signifier "je ne t'aime pas". 

 

 

Au fil du temps cette protection qui a souvent participé à la construction de notre personnalité, s’est renforcée jusqu’à devenir le problème et donc souvent le motif de consultation;

Le désir de changement vient donc s’opposer au mécanisme de protection mis en place pour ne pas souffrir. C’est là le paradoxe, car le désir de changement souhaite changer ce qui nous protège ! 

Ce conflit intérieur est bien sûr inconscient, source de mal être et consommateur d’énergie. C’est quand ce conflit devient trop fort qu’en général, on fait le choix d’aller consulter.

 

 

Quand la résistance s’exprime dans le processus thérapeutique

 

La part qui nous protège ne veut pas du changement car  il représente un danger. Elle en a peur.

Pour elle, si il y a changement, il y a risque de souffrir.

 

Lorsqu'une personne vient consulter, elle vient avec son désir de changement et la part de protection  qui, elle, n'en veut pas. Les deux sont généralement en conflit. 

Ainsi, si le désir de changement est trop "vif et autoritaire", la part de protection ne se sentira pas écoutée et prise en compte. . Sa peur se renforcent ce qui renforce son opposition aux changement jusqu'à parfois  développer une stratégie d’évitement de la thérapie.

etcCe sont les situations où le client semble ne pas être motivé en séance, lorsqu’il annule à la dernière minute, lorsqu’il critique, lorsqu'il se montre découragé ou encore confus etc. 

 

 

C’est pour cette raison qu’un client qui en apparence « manque de motivation » est pour moi au contraire très motivé et sa "résistance" est à la mesure de sa motivation.

 

Quand, à la volonté de changement du client s’ajoute celle du thérapeute, alors la part de protection n’a pas d’autre solution (selon elle)  que de renforcer encore plus sa stratégie d’évitement.

 

Ainsi ce que l’on appelle la résistance est une réaction, une opposition au désir de changement. Elle est :

  • Intrinsèque à la personne

  • En lien avec la thérapie

  • En lien avec le thérapeute 

 

Résistance ou Protection : Ennemie ou Alliée ?   

 

Finalement, ce que certains appellent « résistance » et que d’autres appellent « Protection » ne sont que la même chose. C’est le point de vue qui change …et ça change tout ! 

 

 

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