Qu’est que l’approche IFS ?

December 29, 2017

En Synthèse

L’Internal Family System ou Système Familial Intérieur est un modèle récent de psychothérapie développé par Richard Schwartz basé sur deux notions fondamentales :

 

  • La multiplicité du psychisme : L’IFS considère que le psychisme est constitué d’un ensemble de sous-personnalités appelées parties ou encore parts, chacune possédant des qualités propres. Ces parties vivent toute une palette d’émotions : tristesse, colère, joie, honte etc. et ont chacune un fonctionnement propre (plus ou moins adapté) qui teinte nos relations et la vie de notre système intérieur.

  • Une approche Humaniste en affirmant l’existence d’un espace de guérison et de résilience que chacun d’entre nous possède, le Soi. Le Soi, notre « Sage intérieur », notre « Etre profond », lorsqu’il est dans son leadership a la possibilité de gérer et orchestrer toutes ses parts de manière juste et bienveillante et d’amener de la confiance (en Soi) et de l’apaisement intérieur.

Notre histoire de vie avec ses moments difficiles, ses frustrations, ses besoins pas toujours remplis, ses évènements traumatiques rompt l’harmonie et amène souvent un déséquilibre à la fois

  • entre les parties et le Soi dans lequel elles n’ont pas confiance dans sa capacité à gérer la situation difficile

  • entre les parties qui s’opposent dans leurs besoins.

L’IFS propose alors à la fois d’apaiser ce qui souffre en nous tout en réglant les dissonances et les conflits qui sont apparus du fait de la souffrance.

 

Ainsi, l’IFS permet de prendre en compte toutes nos parties y compris celles qui nous dérangent et que nous souhaiterions voir « disparaitre » pour rétablir une véritable harmonie et confiance en Soi.

Elle amène un apaisement profond et durable, un regain de confiance en soi et une nouvelle énergie.

En paix avec soi-même, il est plus facile de gérer le quotidien et les relations avec les autres. 

En Plus détaillé

 

L’IFS repose sur l’idée que nous sommes composées d’un Self (ou Soi) et d’une multitude de parties chacune d’entre elles possédant des qualités, des talents et des ressources que nous pouvons mobiliser selon le contexte.

Par exemple, si je suis en train d’écouter une conférence, je vais mobiliser la partie de moi qui a envie d’apprendre et qui possède les qualités nécessaires à l’écoute et l’apprentissage.

Si par contre, je suis en train de jardiner ou de composer un bouquet de fleurs, je vais « faire appel » à une autre partie de moi, celle qui a « la main verte » ou celle qui a du talent pour composer un bouquet. Cette dernière ne me serait pas très utile lors d’une conférence (sauf s’il s’agit d’une conférence sur la botanique !)

 

Toutes ces parties constituent notre système familial intérieur. Ce sont des entités autonomes qui ont chacune une histoire, des pensées, des besoins, des croyances, des objectifs, des talents et des savoir-faire.

Elles vivent une palette d’émotions : tristesse, colère, joie, honte..etc… et ont chacune un fonctionnement propre qui teinte nos relations et la vie de notre système intérieur.

 

 

 

Quant au Self, il s’agit d’une instance psychique fondamentale qui existe en chacun de nous même si nous n’en faisons pas forcément l’expérience dans notre vie quotidienne. Le Self reste présent et préservé malgré les expériences de la vie y compris les plus difficiles.

C’est un état intérieur fait de compassion, de curiosité, d’amour inconditionnel, de non-jugement.

Le Self a cette capacité d’ouverture, d’accueil et de soutien nécessaire à l’équilibre et l’harmonie.

Quand il en a possibilité (voir ci-après), il est notre guide intérieur, le leader de notre système. Il dirige notre vie et nos choix, en prenant soin de nos parts, en les écoutant, en arbitrant de manière juste, en acceptant leurs compétences et leurs conseils. C’est un peu notre chef d’orchestre tandis que les musiciens sont les parties.

 

Dans un monde idéal, les parties se développent, vivent en harmonie et entretiennent des relations apaisées à la fois entre elle et vis-à-vis du Self dont elles ont une entière confiance dans sa capacité à maintenir l’harmonie entre elles.  Mais ça c’est idéalement.

 

Dans la vraie vie c'est plutôt ….

 

L’éducation, les frustrations, les non-dits, l’environnement familial et culturel, des traumatismes viennent rompre dès notre plus jeune âge notre harmonie et équilibre intérieurs  Nous sommes alors envahis par des comportements excessifs, des conflits intérieurs, des manques de repères, du mal être et pour certains une grandes souffrance.

 

En effet, pour compenser les expériences négatives ou vues comme telles,  certaines parties vont adopter des rôles particuliers afin de s’adapter et maintenir le système en équilibre.  Elles sont alors engagées dans des rôles parfois extrêmes qu’elles n’ont pas choisis et qu’elles vivent comme une nécessité absolue.  

Ce sont ces rôles extrêmes qu’elles ont du endosser (en IFS on parle de fardeaux) qui sont souvent en lien avec nos symptômes émotionnels ou physiques et qui nous poussent à consulter.

Elles ne font alors pas (ou plus) confiance au Self dans sa capacité à gérer la situation. Celui-ci perd sa place de guide intérieur et devient de moins en moins accessible.

 

En fonction des fardeaux qu’elles endossent, on distingue trois grandes catégories de parties :

 

Les Exilées : Ce sont les parties de notre Système Familial Intérieur qui ont vécu une souffrance ou un traumatisme à un âge généralement précoce. Elles sont « figées » dans le passé au moment de l’évènement douloureux.

Elles « portent les blessures » et ont besoin d’être protégées pour ne pas revivre la même situation.

Nous les avons mises de côté, à la fois pour éviter d’être submergé par leurs émotions mais aussi pour les protéger d’une situation similaire à celle qui a provoqué la souffrance,

Cette mise à l’écart est la plupart du temps encouragée par notre environnement familial et culturel.

Cette mise à l’abri protège la personne et lui permet de se construire. Néanmoins, bien que cette « mise à l’abri » permette la construction de la personne, elle se fait au détriment de l’écoute de ce qui a mal. Et c’est souvent « ce qui a mal » qui se réveille « adulte »

 

Exemples : 

 

Un petit garçon plutôt littéraire – Père profession scientifique et très matheux

L’enfant s’aperçoit (ou pense à tort) qu’il n’a l’attention de son père qu’à travers les maths. S’il revient de l’école avec un 9/20 en maths, son père (conscient que son fils n’est pas un super matheux mais souhaitant l'encourager) lui dit « c’est bien mais tu peux faire mieux ».

L’enfant vit mal la situation. Une partie de lui va « porter » cette souffrance et se mettre à l’abri pour ne plus souffrir.

Pour éviter qu’une situation similaire ne se reproduise, une autre partie de lui va adopter un comportement de plus en plus extrême pour tenter de pallier la souffrance ressentie. Par exemple, l’enfant va surinvestir les matières scientifiques au détriment de ses véritables aspirations créant ainsi un conflit inconscient entre « je veux plaire à papa » et ses véritables aspirations.

 

Lors d’un anniversaire alors qu’il a 5 ans, un enfant dit quelque chose devant tous les enfants réunis et entend les adultes présents à coté de lui rire. Il pense alors qu’ils se moquent de lui. Il se cache pour pleurer et vit cette situation de manière traumatique.

Une part de lui va porter la souffrance vécue avec ses émotions (honte, tristesse, peur etc.) et une autre partie va développer un mécanisme de protection par ex : plus jamais je ne dois m’exprimer en public et génère des réactions qui vont bloquer la personne. Une fois adulte, la personne s’exprimera peu et sera très effacée.

 

 

Les Managers : Ces parties endossent le rôle de protection de nos exilés. Elles cherchent à anticiper et contrôler toutes les situations qui pourraient activer un Exilé. Elles cherchent à maitriser et contrôler notre environnement.

Ce sont celles que nous voyons et que nous donnons à voir aux autres. Elles sont généralement bien acceptées par la société.

Ce sont elles qui nous poussent à en faire toujours plus ou au contraire à procrastiner.

Elles sont parfois très critiques et nous jugent très durement. Ce sont généralement elles qui nous agacent et nous poussent à consulter.

 

Exemple :  

Lorsque j’étais bébé, j’ai eu un accident de voiture. J’ai eu très peur de mourir mais bien sur je ne m’en souviens plus. Adulte, je suis prise d’angoisse dès que j’envisage de passer le permis. Alors je consulte pour « supprimer » les angoisses.

Sauf que les crises d’angoisse, provoquées par le Manager, sont là pour me protéger puisque si je conduis cela est synonyme de danger de mort…

 

 

Les Pompiers : malgré les Managers, notre environnement extérieur parvient à déclencher nos exilés. C’est là qu’interviennent les pompiers. Ce sont des parts de nous qui réagissent lorsqu’un exilé est activé et nous submerge de ses émotions. Dans ce cas, il y a urgence.

Les stratégies des pompiers diffèrent de celles des Managers en ce sens qu’elles ne se préoccupent pas des dommages collatéraux. Leur mot d’ordre est « au Feu ! il y a urgence à éteindre le feu ». Et tout comme les pompiers, elles ne se posent pas la question des conséquences de l’eau sur le contenu de    l’appartement en feu. Les addictions font partie de cette catégorie

 

 

Toutes les parts sont les bienvenues

 

L’originalité de l’approche IFS est de restaurer un dialogue apaisé à la fois entre les parties elles-mêmes et entre chaque partie et le Self. Celui-ci retrouve ainsi sa position de guide intérieur. Chaque partie est à nouveau en situation de lui faire confiance. Le résultat est cet état de « confiance en Soi ».

 

Pour cela, l’objectif est d’accompagner la personne pour que chaque partie puisse déposer ses fardeaux : les Exilés leurs blessures, les Managers et les Pompiers leurs rôles extrêmes de protection.

Ainsi, toutes les parties sont les bienvenues.

Si au cours d’une séance un Manager (i.e un protecteur) se manifeste en bloquant l’accès à un Exilé par exemple par une crise d’angoisse ou en émettant des doutes sur le bien de la thérapie (« Ah quoi bon aller dans le passé »), la posture sera de l’accueillir et de l’écouter dans ses peurs.

Là ou dans d’autres approches on cherchera plutôt à le contourner, voire « l’endormir », ici en IFS on l’accueillera jusqu’à ce que l’écoute apaise ses peurs.

 

Ainsi, la solution se trouve dans la paix et l’harmonie retrouvées y compris avec ce qui au départ agaçait la personne et la poussait à consulter !

Prendre conscience que ce qui nous dérange ne cherche qu’à nous aider et nous protéger est déjà la première étape vers un  véritable bien-être.

En ce sens, l’IFS est une approche de transformation profonde et durable.

 

 

 

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