Comment nous devenons celui ou celle que nous ne sommes pas vraiment

August 10, 2018

Et comment nous nous éloignons de Nous-même

 

Au début de notre vie, nous sommes dans l’expression de notre être authentique. Nous sommes la vie dans sa plus pure expression. Nous n’avons aucune idée de notre nationalité, de la couleur de nos cheveux, de nos yeux, de nos aptitudes futures, de notre place dans le noyau familial, de ce qu’on attend de nous. Nous n’avons aucune idée ni une capacité d’appréciation de ce que nos parents pensent être la réussite. Nous ne savons pas quel métier nous exerceront, si nous aurons des enfants ou si nous aimerons les voyages.

 

 

Nous n’abordons pas encore le monde à travers le filtre de nos expériences et des projections de notre environnement familial et culturel. Nous exprimons notre véritable identité.

Ensuite, si nous grandissons dans un espace sécurisant, écoutés, approuvés dans nos aspirations et dans l’être singulier que nous sommes, que l’on nous a autorisé à exprimer nos vrais sentiments et ressentis, que ceux-ci ont été accueillis sans être contredits,  l’adulte que nous devenons par la suite pourra vivre et exprimer son être authentique et être lui-même.

 

 

Ça c’est le scénario idéal …


Parce que, dès notre conception

 

 

Notre construction va être influencée à la fois par des attentes  ou des projections venant de nos parents et plus largement de notre environnement familial et culturel mais aussi des distorsions entre la réalité et ce que nous en percevons et enfin des événements extérieurs auxquels nous allons devoir nous adapter. 

 

 Alors pour nous sentir en sécurité, accepté et aimé, nous allons nous adapter en privilégiant ce qu'on attend de nous au détriment de nos ressentis et de nos aspirations. Cette adaptation aboutit à la construction d'une personnalité d’adaptation ou de survie, celle que nous montrons aux autres. Petit à petit nous nous éloignons de notre être authentique, nous falsifions qui nous sommes vraiment, en l'exprimant de moins en moins.  En nous identifiant à chaque moment à notre personnalité d'adaptation, Nous en oublions alors notre véritable identité. 

 

Jung parle du Soi, notre identité et de la persona, le masque que l'on se fabrique pour s'adapter et se construire.

 

Winnicott, pédiatre et psychanalyste,  définit le vrai-self (ce qui est authentique,notre identité) et le faux-self, notre personnalité d'adaptation, notre camouflage.

 

 

 

Notre identité s’efface au profit de notre personnalité d’adaptation 

Les attentes et projections 

 

Avant même notre naissance, nos parents ont vis à vis de nous des attentes, des exigences ou encore des projections inconscientes.


Celles-ci sont souvent la conséquences de blessures non apaisées et d'exigences qu'eux-mêmes ont reçues de leurs parents, C'est là que s'exprime toutes les loyautés familiales inconscientes. (cf. article transgérationnel)

 

La plupart du temps, ces attentes et projections se font de manière totalement involontaire et inconsciente, mais le fait qu'elles soient inconscientes n'en diminuent pas l'impact et pour certaines la nocivité !

 

 

 

Suis-je désiré(e) par mes deux parents ? 

Les deux familles sont elles heureuses de ma venue ? 

Mes parents sont-ils  acceptés par leur belle-famille ? 

Pendant la grossesse, ma mère ou mon père ont ils dû faire face à des évènements chargés émotionnellement, comme une maladie ou un deuil  ?

Mes parents ont-ils eu du mal à m’avoir ? Y-a-t-il eu fausse couche ou IVG avant moi ? etc.

Suis- je l’ainé(e) ? Y-a-t-il eu un frère ou une sœur décédé(e) avant ma conception ? 

 

 

Ensuite, à notre naissance et pendant notre croissance, cela continue. Il y a d'abord des étiquettes physiques.

Il ressemble à la tante …. Il a les yeux de son père etc…  

 

 

Puis ces étiquettes s’étoffent et s’adressent à différents aspects de notre identité : notre caractère, nos goûts, nos aspirations, nos comportements, nos savoir-faire, etc.

Parmi toutes ces étiquettes, il y en a des positives et d’autres qui peuvent nous marquer et qui deviennent lourdes à porter.

 

« Tu es bien comme ta grande tante, un peu illuminée … »

« Tu as vraiment un caractère difficile comme ta tante Brigitte ! »

« Comme ton oncle, tu ne feras rien de ta vie »

« tu es vraiment doué en mathématique, tu deviendras un ingénieur comme ton père »

« Tu t’exprimes si bien que tu deviendras un brillant avocat comme ton père. »

 

Toutes ces étiquettes insidieusement nient la singularité de ce que nous sommes.

 

 

Ensuite, cela continue à travers le processus de socialisation et surtout la manière dont les règles et limites nous sont transmises.  

Nos parents nous transmettent les règles à travers leurs peurs, leurs blessures, leurs croyances et  leurs besoins. Ils sont eux-même la plupart du temps dans l'expression de leur personnalité d'adaptation à la vie.

Les  menaces, les  humiliations, les chantages nous obligent à nous protéger et à renforcer notre personnalité d'adaptation, nous éloignant encore un plus de notre vrai Soi.

 

 

Puis, il y a les peurs et doutes de nos parents

 

Un parent trop nourricier peut devenir étouffant. Un enfant pour qui l’on se fait du souci le capte et l’intègre dans la construction de sa personnalité. Il ressent que sa famille est inquiète ou doute de ses capacités et à son tour sera inquiet et dans le doute par rapport à ses propres capacités. 

Au contraire un parent qui laisse une trop grande liberté prive de repères et peut donner l’impression de l’abandon, ou du rejet.

Par ex : un contexte  familial où les parents craignent pour la réussite à l’école de leur enfant, en projetant leur propre histoire (leur vécu émotionnel lorsque leur propres parents doutaient  d’eux-même),

l’enfant va inconsciemment s’obliger à faire encore mieux, encore plus… pour rassurer ses  parents.

 

 

Les distorsions

 

Le bébé est un véritable « télépathe » et capte toutes les incongruences (distorsion entre la demande consciente et la demande inconsciente) des adultes.

"Nous sommes un baromètre instantanné de l'hypocrisie émotionnelle". (1)

 

Ainsi, le jeune enfant capte des différences entre ce que ses parents lui présentent de manière consciente et ce qu’il perçoit de manière inconsciente. 

Comme il est incapable d’analyser et de comprendre cette distorsion, cela génère de la confusion et de l'insécurité.

La solution sera alors de s'adapter pour éviter cette distorsion qui met en insécurité. L'enfant s'éloigne de ses ressentis en les niant. 

 

Par exemple, une maman qui est triste voire en dépression (peu importe la raison) et qui donne à manger à son bébé sera comme « absente ». Le bébé va le sentir au son de sa voix, la tonicité du porté, sa respiration etc. Elle est là, elle lui manifeste sa présence et son amour mais le bébé va sentir qu’il y a quelque chose de pas juste.

 

 

 

 

 

 

Les Evénements extérieurs

 

Ce sont toutes les expériences plus ou moins traumatiques auxquelles nous sommes exposées et que l'on va gérer en fonction du contexte familial et de la réaction de nos parents.

 

Conclusion

 

Très vite, par nécessité  nous nous éloignons de notre nature profonde. Ce décalage permanent nous donne cette impression de ne pas vivre notre vrai vie, de passer à coté de nous-même, et nous met parfois dans un grande souffrance. Finalement, nous avons mal de ne pas être nous !

 

 

Je te vois tel que tu es tout au fond de toi, là où réside ton âme,
Je te vois sans te juger, sans te blâmer, en accueillant tout de toi,
Je te vois sans attendre quoi que ce soit de toi car mes attentes et mes projections pourraient t'abimer et voiler ton identité profonde,
Je te vois dans toutes tes dimensions et riche de toutes tes expériences,
Je te vois car je sais déjà que tu es un être complet et parfait,
Je te vois, c'est ma façon de t'accueillir sans conditions, et en faisant cela, je te permets à toi aussi de te voir et de t'accueillir tel que tu es,
Je te vois, c'est t'autoriser à être, à irradier, sans filtres, sans masques et sans peurs,
Je te vois

Dialogue du film Avatar

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bibliographie

Le Meilleur de Soi  Guy Corneau

Thérapeute à cœur ouvert  Michel Claeys Bouuaert

Le Mandala de l’Etre  Richard Moss

Vivre mieux grâce à la psychogénéalogie  Chantal Rialland

Apprivoiser son ombre  Jean Montbourquette

 

(1) Le Mandala de l’Etre  Richard Moss

 

 

 

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